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lundi 3 octobre 2016

Ène djoûrnéye nuzome



C'est dans l'ancienne gare de Jamioulx, restaurée et transformée en espace de rencontre, que s'est
déroulée cette journée d'exception dédiée à Willy Bal.

 Une belle enfilade de panneaux, des photos, des légendes nous ont permis de le retrouver  tout au long de sa vie tellement active en bien des domaines.


















Panneaux et  vitrines bien garnies  ont retenu longuement l'attention des participants.
  
Manuscrits, correspondances, objets personnels témoignaient de la personnalité majuscule  que fut Willy Bal.






Une bonne centaine de personnes, famille et amis, ont assisté à cette rencontre magistralement organisée et 
 orchestrée par  la famille Bal.




Après la séance d'hommage, et les évocations de circonstance, les participants se sont retrouvés, en fin d' après-midi, à la bibliothèque de Jamioulx, pour un récital très émouvant de textes choisis.


Avant que ne soit dévoilée la plaque qui  résume toute
l'émotion de cette journée  dédiée à un homme aussi modeste qu'exceptionnel.




Amour filial, affection, amitié, admiration et  respect étaient inscrits en filigrane de ces heures consacrées au souvenir.

mercredi 28 septembre 2016

Ène djint a tous vints



Venant, ainsi qu’il se plaisait à l’affirmer, d’une lignée paysanne, Willy BAL naît à Jamioulx en 1916. Son père est employé de banque. Sa mère tient une petite ferme. Il fréquente l’école de son village, puis le Collège des Jésuites à Charleroi. A 17 ans, il entre à l’ Université catholique de Louvain pour y suivre les cours de philologie romane. Il s’insère activement dans la vie universitaire, occupe la tribune du cercle de Culture wallonne dont il est un des animateurs. Déjà lauré pour un recueil « Oupias d’avrî » publié en 1935, Willy Bal signe des éditoriaux dans la revue Terre wallonne qu’animent Elie Baussart et Arsène Soreil. Il devient même chroniqueur dialectal à l’INR.


C’est avec un mémoire de fin d’études consacré à la « Morphologie du parler de Jamioulx » qu’il obtient, brillamment , en juillet 1937, le titre de licencié en philologie romane. De 1937 à 1938, il travaille à mi-temps comme bûcheron tout en rédigeant une thèse sur le patois de Jamioulx qui lui confère bientôt le titre de docteur. Ce travail sera couronné par l’Académie de langue et de littérature française . Une partie sera publiée en 1949 sous le titre: Lexique du parler de Jamioulx.


En 1938, c’est le service militaire hélas prolongé par la mobilisation. Lors de la campagne de mai 40, Willy Bal, adjudant chef, se retrouve à la tête de son peloton, en première ligne sur la Lys. Fait prisonnier, il est dirigé vers l’Allemagne où il devient, selon ses dires et pendant cinq longues années, « une unité dans un inventaire, une tête de bétail dans un cheptel, une pièce dans un assemblage ». Rentré au pays en 1945, il est encore renvoyé Outre-Rhin en qualité d’officier de l’armée d’occupation.


Enfin, vient mai 46 et sa désignation à l’ Ecole Prince Baudouin de Marchin. Avec son épouse, il exploite alors une petite ferme «  ène vréye cinse come il-a pléji a dîre , nin ène « fermette » come vos pourîz l’ comprinde,ôdjoûrdu, ène vréye cinse, avou dès vréyès bièsses, dès vatches, dès gades , dès bèdots, dès lapins èt dès pouyes a noûri èy’ a stièrni  .Ène cinse où il pratique la culture et l’ élevage tout en menant de front ses activités de professeur , de chercheur, d’écrivain dialectal et de père d’une famille nombreuse : ène vréye nitéye di quate gamins èt trwès fîyes.
En 1948, il devient membre de la Commission royale de Toponymie et de Dialectologie; en 1953, membre titulaire de la Société de Langue et de Littérature wallonne.



Son inlassable activité littéraire et scientifique lui vaut d’être désigné, en 1956, en qualité de professeur de philologie romane à l’Université Lovanium de Léopoldville. « Très vite, Willy Bal se rend compte que la philologie romane , en Afrique, ne devait en aucun cas faire l'objet d'un enseignement similaire à celui qui était pratiqué en Europe et ceci l'a conduit à s'intéresser aux langues africaines ainsi qu'aux premiers textes qui concernaient le Congo, des textes en portugais puisque les premiers explorateurs de cette partie du continent africain venaient du Portugal.Son abondante bibliographie scientifique témoigne d'ailleurs de son intérêt pour ces nouvelles préoccupations philologiques.
Durant une dizaine d’années, il va animer cet établissement, avant de revenir en Belgique, à l’UCL où il sera chargé du cours de linguistique romane.


Nommé professeur ordinaire en 1966,  il devient deux ans plus tard doyen de la Faculté de philosophie et lettres . En 1970, il est nommé vice-président du Conseil académique de l’ UCL , poste qu’il conservera jusque en 1973. Entre-temps, le 9 novembre 1968, il est élu, au titre philologique, membre de l’ Académie de langue et de littérature françaises dont il deviendra le président , en 1975.


En septembre 1984, alors qu’il s’est fixé définitivement à Jamioulx, son village natal, où il occupe la maison de ses parents, Willy Bal est admis à
l’ éméritat. Dès lors, il peut non seulement s’adonner à des travaux manuels de jardinage, d’élevage et de bûcheronnage, mais également à des recherches dialectologiques et, surtout, à l’ écriture.


L’ oeuvre de Willy Bal est abondante et variée. Elle s’articule avant tout autour de la poésie dialectale qui a été et reste l’élément moteur de sa production. Après Oupias d’avrî, qui lui avait valu d’être remarqué et lauré alors qu’il n’avait que 17 ans, sont venus entre autres un essai »Èl région dins l’ monde »; « Au soya dès leus, : des vers sauvages dont la secrète amertume ne parvient pas à troubler la fraîcheur ; « Nos n’ pièrdrons nin », écrit au coeur de l’hiver 46-47: c’est le retour de l’espoir, des certitudes nouvelles, du renouveau de l’Homme; un long texte en prose: « Il aveut pôrtè l’ soya dins s’bèsace », simple histoire de Pierre le braconnier poursuivi par les gendarmes. Voici bientôt « Lès fauves dèl taye- aus- fréjes et contes dou tiène- al- bîje »: neuf textes en prose qui évoquent les deux versants de la vie, soleil et ombre, avec poésie, sagesse, vérité, humour, tendresse et réalisme.


En 1957, Willy Bal revient à la poésie et publie «Poques et djârnons », plaies et germes, souffrance et espoir. Des pages nourries de cette veine paysanne chère à l’ auteur. Après un hiatus qui semble coïncider avec son séjour en terre africaine, Willy Bal revient à la poésie wallonne ainsi que l’ atteste la troisième section des « Oeuvres poétiques wallonnes », une anthologie de près de 200 pages publiée en 1991


Au fil des ans Willy Bal, a continué ses travaux de dialectologie et de linguistique, s’intéressant notamment à la proximité des choses, aux coutumes, aux métiers ainsi qu’ en témoignent  études et d’articles dont il ne me parait pas possible de citer, ici, le détail.
Tout intellectuel qu’il fût, Willy Bal était resté un homme de la terre et il n’ est pas étonnant qu’il ait été fort impressionné dans sa jeunesse par l’ oeuvre de Charles Ferdinand Ramuz au point de consacrer les vacances qui précédèrent son entrée à l’université à composer une adaptation en wallon de Jamioulx dAline, un des textes les plus connus du romancier vaudois. Cette adaptation, il la rangea dans un tiroir, l’ égara pour plus de soixante ans. Un jour pourtant, à l’ occasion d’une heureuse remise en ordre de son grenier, il eut le plaisir de retrouver ce «  manuscrit perdu » qu’il relut avec étonnement. Il y apporta une légère toilette orthographique .
« Aline » est le recueil numéro 5 de la collection littéraire MicRomania, Ce volume succèda à « Warum Krieg? » encore un texte de jeunesse, une longue réflexion sur la guerre éditée par l’ ALWaC. Paru en 2001 aux éditions èl bourdon , « Djon.nèsse a malvô » rassemble six proses qui qui ont pour thème la deuxième guerre mondiale,proses doublées d'une traduction française.
Appelé dans le vaste monde de la romanité pour des cours, des conférences, des congrès, des journées d’étude, le professeur Willy Bal a, certes, beaucoup voyagé. Au total, combien d’expériences enrichissantes pour un homme qui avait choisi , très tôt, d’aller vraiment à l’ essentiel.
Car la sève de ce vrai wallon s’était nourrie ,et ce consciemment depuis l’enfance, dans l’ attachement profond à sa terre èy’ a lès djins d’ sès djins. Dans cet héritage, le dialecte figure en première place. Willy Bal, poète, prosateur, en a tiré des pages personnelles, écrites dans une langue tantôt délicate, tantôt rude et crue mais toujours pure et savoureuse et résolument moderne.


Il y aurait tant de choses à dire , encore, tant de témoignages à évoquer qui touchent de près WILLY BAL. Retenons aujourd' hui l’ ampleur de son action, la valeur de son oeuvre souvent récompensée par des prix prestigieux et surtout, remercions le d'avoir été ce qu'il fut: une figure attachante de notre patrimoine littéraire, un Humaniste à l’ écoute du coeur profond de sa race, un wallon parmi les tout grands pour qui rien de ce qui fait le sel et la richesse de notre identité n’était demeuré étranger. Chez lui, le cerveau était tellement près du cœur !
Danielle Trempont.




Sources biographiques.
Willy Bal, d’après Roger Foulon, in èl bourdon n° 482.
èl bourdon n°658, septembre 2013









jeudi 22 septembre 2016

Une journée consacrée à Willy BAL (1916-2013 )






Willy BAL ( 1916-2013) 
aurait eu 100 ans  en cette année 2016.

On commémorera ce centenaire,
le 1er octobre prochain, à Jamioulx, 
sa commune natale.

Cette manifestation s'inscrit dans la journée de  décentralisation organisée tous les ans par

 la Société de Langue et de Littérature wallonnes.





Le programme de cette journée se déroulera  en l'Espace Jean HAINAUT ( ancienne gare de Jamioulx):



09H30 – Accueil des participants - Café et jus d'orange. Accès à l’exposition consacrée à la vie et à l’œuvre de Willy Bal (12 panneaux et 5 vitrines), avec mise en valeur des nombreux manuscrits de ses œuvres littéraires.




10H00 – Mot de bienvenue de l’échevine d’Ham-sur-Heure et du président de la SLLW.



10H30 – Jean Germain, Willy Bal lexicographe et linguiste : du parler de Jamioulx au wallon de Charleroi.



11H00 – Jean-Marie Pierret, Willy Bal, une jeune voix aux accents novateurs dans la littérature wallonne.



11H30 – Jean-Luc Fauconnier, Willy Bal : le poète wallon à l’épreuve de la guerre et de la captivité.



12H00 – Françoise Bal, Willy Bal: conteur et la tradition populaire wallonne.



12H15 – Présentation du nouveau Dictionnaire du parler wallon de Jamioulx et des deux adaptations théâtrales en wallon (Maître Pathelin et Sganarelle de Molière), publiées aux éditions Crombel.



13H00 - 15H30 – Déjeuner 





16 H. – Rendez-vous à la « Maison de la Pasquille » (près de l’église), à 200 m de la place de Jamioulx.



16 H 15 - 17 H 15 – Lecture-spectacle : choix de poèmes et de textes wallons de Willy Bal,  dits par des membres de la famille et de l’Association littéraire wallonne de Charleroi.



17 H 15 – Inauguration de la « Bibliothèque Willy Bal » avec pose d’une plaque en pierre par le bourgmestre d’ Ham-sur-Heure, suivie du verre de l’amitié.